Chalisée naamani, artiste geek du textile et costumière de mémoires à paris en 2025
Difficile de manquer sa silhouette bariolée dans les salles d'exposition ou sur les réseaux : Chalisée Naamani apparaît telle une mosaïque vivante, arborant un patchwork de tissus aux imprimés foisonnants et mêlant tradition, pixel art, dédale floral ou camouflage. Derrière cette veste délibérément multicolore se cache une personnalité à la croisée de la création textile et de la mémoire visuelle, où le jeu avec les motifs devient un terrain de recherche, une quête presque ludique menée sur la frontière entre l'art plastique et l'héritage digital.
Entre geek du textile et conteuse du quotidien
Chalisée Naamani incarne le profil d'une artiste hybride, devenue en quelques années une figure incontournable pour ceux qui s'intéressent au croisement entre vêtement, technologie et récit personnel. Dès son entrée aux Beaux-Arts de Paris après le bac, elle s'oriente vers la peinture, mais, fait rare, c'est la photographie, souvent glanée sur internet ou via l'objectif d'un appareil jetable, qui s'impose comme base de travail. Imaginez-la un instant : smartphone dans une main, écheveau de fils colorés dans l'autre, elle jongle d'un média à l'autre, comme un DJ samplerait des beats. Un échantillon d'image par-ci, un fragment de tissu par-là.
Petit à petit, cette créatrice s'empare des outils numériques pour collecter, détourner et assembler des photos. Pas question, toutefois, de se contenter de retouches classiques. Chez elle, l'image se fait support : plastifiée, cousue, griffonnée, hybride. Ce qui n'était que cliché imprimé sur papier prend une nouvelle vie - sur son corps, sur des compositions murales, ou même dans des installations immersives. Un vrai patchwork mémoriel où chaque élément raconte sa propre histoire.
La fabrique d'une identité tissée
Un détail frappe dans le parcours de cette artiste franco-iranienne : le textile s'est d'abord immiscé dans ses œuvres par petites touches, presque timidement, avant de s'affirmer comme un matériau central. D'abord collé ici ou là, il finit par devenir le terrain de jeu principal. Chalisée Naamani imprime désormais ses combinaisons photographiques directement sur des supports textiles, brouillant les frontières entre costume d'apparat, œuvre d'art et replay de souvenirs. Le résultat ? Un «dressing d'images» où chaque pièce devient un avatar, un skin, un personnage tiré d'un univers imaginaire à la sauce pop culture ou jeu vidéo.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ses créations rappellent parfois l'univers des RPG ou le look des avatars customisables dans les jeux contemporains. L'artiste, véritable geek assumée, confie s'être inspirée des interfaces de jeux pour composer certains de ses ensembles : chaque motif, chaque couleur, chaque texture évoque une quête accomplie, un niveau débloqué, une memory card chargée d'histoires.
« Mixer la tradition et la technologie, c'est comme enfiler une armure tissée de souvenirs et de pixels » partage-t-elle en souriant, soulignant cette fusion entre héritage textile et imaginaire vidéoludique.
La dimension politique et poétique du vêtement
Exposer des textiles, c'est aussi, pour l'artiste, proposer une lecture du monde où le vêtement fonctionne à la fois comme écran et mémoire, parfois même comme manifeste silencieux. À travers ses installations monumentales, le public est invité à revêtir des pièces hybrides, à toucher des matières venues d'univers aussi variés que le bazar d'Ispahan ou le marché de Saint-Denis. L'expérience immersive est totale : on ne se contente pas de regarder, on participe. Les frontières tombent. On effleure, on endosse, on se laisse transpercer par la «costumière de mémoires».
Cette approche n'est pas dénuée d'une lecture politique : questionner les normes, détourner les codes vestimentaires traditionnels, mixer le passé et le futur. Un peu à la manière des speedrunners qui hackent les règles d'un jeu, Chalisée Naamani déconstruit les conventions - cueillant ici un bout de brocart persan, là un morceau de tulle cyberpunk.
L'exposition comme quête coopérative
L'une des expositions les plus marquantes reste «Octogone», une installation immersive présentée dans un espace d'art contemporain à Paris. Les visiteurs se promènent dans une scénographie rappelant le plateau d'un jeu de rôle, franchissent des seuils de tissus suspendus, déverrouillent des souvenirs à chaque passage. Chaque salle agit tel un niveau à explorer, chaque costume une classe de personnage à endosser. Vous voyez le tableau ? On navigue, on choisit ses armes (fleurs, panthères, pixels), et l'on s'invente une histoire, ou plutôt une multitude d'histoires cousues main.
| Source d'inspiration | Média utilisé | Finalité |
|---|---|---|
| Photographie numérique | Impression textile, retouche manuelle | Mosaïque visuelle |
| Motifs traditionnels persans | Brodés, collés, digitalisés | Hybridation culturelle |
| Culture du gaming | Costume, scénographie immersive | Cosplay poétique |
Quand le textile devient un skin IRL
Imaginez que vous pouviez changer d'apparence à volonté, comme dans un jeu vidéo. Pour Chalisée Naamani, le vêtement fonctionne comme un «skin» : il contient la mémoire d'une génération, recomposée à partir d'archives personnelles, familiales ou collectées sur le web. Chaque pièce est à la fois niveau, sauvegarde et trophée. Plutôt que de s'enfermer dans un style, l'artiste multiplie les métamorphoses, rappelant que l'identité, comme un personnage de jeu, se construit au fil des expériences.
Un encadré, façon cheat code :
Métaphore du costume pixelisé :
Chaque tunique cousue évoque un avatar prêt à s'aventurer sur la carte du monde, collectant les items que sont les souvenirs, les textiles, et les fragments de vécu.
Cette démarche suscite l'intérêt des amateurs d'art, mais aussi des gamers en quête de sens. Beaucoup se reconnaissent dans cette pratique du «modding» vestimentaire, où chaque ajout, chaque retouche, chaque superposition offre la possibilité de raconter une histoire inédite. Le textile n'est plus une simple couverture mais une interface, un tableau de bord du vécu. [ En savoir plus ici ]
Textile, jeu et mémoire : nouvelles stratégies d'exposition
Les expositions de Chalisée Naamani ne laissent pas indifférent. Certains visiteurs sortent chamboulés de ce voyage sensoriel. D'autres, intrigués, y voient une façon originale d'aborder la question du costume dans les univers vidéoludiques. On y apprend que l'habit n'est pas seulement un bouclier, ni un marqueur social, mais aussi le reflet d'un inventaire intérieur dynamique. Un inventaire que chacun manipule, assemble, partage, tel un joueur passionné cherchant la meilleure combinaison possible entre esthétique, valeurs et souvenirs.
Ce que retiennent beaucoup, c'est cette capacité à manier la nostalgie comme une arme créative. Récupérer de vieux motifs, les digitaliser, les faire dialoguer avec des technologies actuelles. Réaliser qu'en mêlant passé et présent, chaque tissu devient une sauvegarde, chaque couture un checkpoint personnel. Et une envie, toujours renouvelée, de changer de skin selon l'humeur du moment.
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